Pascal Feyaerts est un poète, écrivain et artiste belge de langue française né à La Hestre en Belgique.

Biographie
Pascal Feyaerts vit dans le Hainaut (Trazegnies) et il exerce le métier de bibliothécaire après des études scientifiques. Il est l’auteur de plusieurs recueils de poésie (Acanthe et Coudrier) et d’un recueil de nouvelles (Chloé des Lys).
Aidé à ses débuts des avis de l’écrivain Roger Foulon et parrainé par le poète Jacques Viesvil, sa vie prend le chemin du poème comme d’autres empruntent une voie vers un ailleurs qui leur ressemble tant il est vrai qu’entre la voix et la voie les distances se confondent en une lettre absente.
Fin des années 90 et durant les années 2000, il fréquente assidûment les milieux de la bohème littéraire, notamment à Bruxelles. Il a ainsi été Membre du Cercle de la Rotonde entre 2002 et 2007 et du Grenier Jane Tony ensuite.
Pascal Feyaerts passe, en 2009, dans l’anthologie La Nouvelle poésie française de Belgique, éditée aux éditions Le Taillis Pré, une maison d’édition chapeautée par le poète Yves Namur.
L’année 2010 le voit finaliser un spectacle musico-poétique avec la violoniste et compositrice Marielle Vancamp : Sur un nuage.
« J’aime la cohérence et la justesse. Il y a chez moi une esthétique du questionnement et de l’ouverture et je vois souvent les choses par le prisme de l’oxymore. C’est en reliant entre elles des réalités très séparées ou surprenantes que l’on arrive à créer ce je ne sais quoi qui nous parle… Par des associations d’images ou d’idées, j’interroge l’existence dans sa globalité sans jamais tirer de conclusion et cette interrogation devient à elle seule un objet d’esthétique », déclare-t-il à Sylvie Godefroid dans un article paru début 2012.
Pour Feyaerts, le poète se doit de créer de la transcendance, ainsi il ajoute : « J’ausculte le monde, rêvant aussi de ciel, alors que le ciel n’est plus de nos jours qu’un petit bout de météorologie et possède ce curieux besoin d’accorder la quête du mystique à la rhétorique de l’esthète. N’y a-t-il point de paradis sans idoles et à quoi bon s’atteler à ne construire que des ruines ? »
Né aveugle, il est un des tous premiers cas au monde de guérison du glaucome infantile bilatéral congénital. Ceci peut expliquer notamment la présence redondante d’yeux dans ses dessins.
Il participe à de nombreuses séances de dédicaces et lectures, en sus des cercles littéraires, notamment au Botanique à Bruxelles (où il rencontre Joëlle Billy l’une de ses futures éditrices), à Flagey ou encore à la foire du livre, Paris (Marché de la Poésie), Mons, Namur, Liège, Tournai, Argeles-sur-Mer, Lille… En mars 2023, une exposition est consacrée au Centre Culturel de Thuin à l’occasion de la sortie de Locataire, mettant en lumière l’ensemble de l’œuvre de l’artiste ainsi que les dessins de Derry Turla, dont ceux qui illustrent le recueil. En septembre 2023, il commence des cours au Petit Théâtre de la Ruelle et, en juin 2024, il interprète des saynètes de Sauvil et Courteline.
Articles critiques (AREAW, Nos Lettres, Le journal des Poètes, le Carnet et les Instants…) dont certains sont à lire sur la page de la maison de la poésie de Namur, ballade littéraire à la découverte de l’auteur, interview dans le Sabam magazine,…
Pascal Feyaerts est membre de l’Association des écrivains belges de langue française et de l’AREAW, et expose parfois ses dessins essentiellement au fusain.

Publications
Collaborations aux revues littéraires
- Le Spantole
- Traversées
- La pensée wallonne
- Les Élytres du Hanneton
- Bleu d’Encre
- Microbe
- Le Journal des poètes
- Recours au poème (revue internationale de poésie contemporaine en ligne)
Poésies
- Claustrophobie ou les Rues de Pandémonium, postface de Jean Dumortier, poésies, Namur, éditions de l’Acanthe, 2001.
- L’Amour en Lettre Capitale, préface de Louis Mathoux, illustrations de Véronique Laurent et Fred Van Campenhout, Mont-Saint-Guibert, éditions Le Coudrier, 2012.
- D’Ils et d’Ailes, préface de Éric Allard, illustrations de Derry Turla, poésies, Mont-Saint-Guibert, éditions Le Coudrier, 2014.
- Le Miroir aux Allumettes, préface de Anne-Marie Derèse, illustrations de Frédérique Longrée, poésies, Mont-Saint-Guibert, éditions Le Coudrier, 2016.
- QuintessenCiel, préface de Patrick Devaux, illustrations de Michel Van Den Bogaerde, Mont-Saint-Guibert, éditions Le Coudrier, 2018.
- Aspérités, préface de Jean-Michel Aubevert, illustrations de Catherine Berael, Mont-Saint-Guibert, éditions Le Coudrier, 2020.
- Locataire, préface de Phlippe Leuckx, Illustrations de Derry Turla, Mont-Saint-Guibert, éditions Le Coudrier, 2022
- Patience de l’infime, préface Anne-Marielle Wilwerth, Illustrations de Pascal Feyaerts (auteur), Mont-Saint-Guibert, éditions Le Coudrier, 2023
- Racines de L’éphémère, préface Philippe Colmant, Mont-Saint-Guibert, éditions Le Coudrier, 2024
- À sortir : Venir à soi, Préface Marie-Clotilde Roose, Illustrations de Philippe Colmant, Mont-Saint-Guibert, éditions Le Coudrier, prévu septembre 2025 – Suivi de : 11:11, Illustration de Laurence Emily Tirtiaux, recueil de poésie performatif.
Nouvelles
- Nouvelles en Quête d'(h)auteur, préface de Éric Dejaeger, nouvelles, Barry, éditions Chloé des Lys, 2012.
Anthologies :
- Résonance (anthologie du Cercle de la Rotonde), collectif, Bruxelles, éditions Mémor, 2006.
- La nouvelle poésie française de Belgique, anthologie, Châtelineau, éditions Le Taillis Pré, 2009.
- Les entrelus de Jean-Michel Aubevert : De la rose au calame, Mont-Saint-Guibert, éditions Le Coudrier, Collection « à cœur d’écrits », volume 1, 2020.
- Les entrelus de Philippe Leuckx : Aux hautes marges, Mont-Saint-Guibert, éditions Le Coudrier, Collection « à cœur d’écrits », volume 2, 2021.
- Belgique, Terre d’aphorismes – Tome 2 de Michel Delhalle, Cactus Inébranlable éditions, 2024.
Autre :
– Sur un nuage, concert Musico-poétique avec Marielle Vancamp, 2010.
Telle l’atrabile (Feyaerts/Vancamp) – Vidéo indisponible temporairement.
Tristan et Yseut (Feyaerts/Vancamp)
Un pas de deux (Feyaerts/Vancamp)
J’habite un nuage (Feyaerts/Vancamp)



Extraits de livres :
La distance ravive, dit-on, le verbe qui s’échoue et le soir se saisit de ton absence comme le rideau rend plus vivace encore les acteurs qu’il feint de gommer. Je voudrais te parler de la lune, te dire que la nuit tous les chats ne sont pas gris, qu’en dépit de leur nom les rigoles manquent singulièrement d’humour, qu’elles ont, elles aussi, leur part d’ombre et que certains y ont abandonné leur âme : je m’y perds tout comme eux, loin de tout, loin de toi… Je voudrais te parler de mes voyages et du temps, te dire que les trains qui fuient leur ombre n’ont pas d’attaches ni d’heure pour le départ, et que les seules horloges que je connaisse épellent chacune des lettres de mon prénom mais ignorent tout de toi. Elles ont l’éternité pour t’attendre et je n’ai plus aucun nom à leur donner et toujours un train à prendre.
Extrait de L’Amour en Lettre Capitale
Leurs mains restaient face à face comme deux miroirs complices cherchant dans la vérité des paumes le pourquoi de la pudeur et si s’aimer était possible, le désir se jouant de l’opaque. À reflet identique, comparable ivresse et ostensiblement l’attrait se soumettait à l’étreinte comme le vouloir au voulu, comme la promesse au serment, avec quand même en sursis la crainte de voir (était-ce peur ou pressentiment ?) la vie, cette vie, la leur, s’abîmer, s’émietter, dans un lamentable bris de glace.
Extrait de Claustrophobie ou les Rues de Pandémonium
Mon content d’ailes : un désastre ! Rien ne résiste au cri de l’enfant sensible en qui se plaisait la nuit et qui se heurte à la lumière du matin. Naître est un défi, quand on a déjà inventé le fil à couper les leurres et qu’on aime les machines cassées à qui il ne manque qu’un grain de poésie pour fonctionner !
Extrait de Le Miroir aux Allumettes
Le monde s’est séparé de toi
Et pourtant je te sais guérie
Dans la jouvence d’un nouveau jour
Dans l’enseignement d’un nouvel espace
Et dans l’évanouissement du sang
Tandis que malades nous sommes
Du vide que tu as laissé
Faudra-t-il que sereins nous avancions
Comme lentement on le ferait à tâtons
Alors que tout en nous nous invite à pleurer ?
Combien de larmes peut donc contenir un nuage
Avant qu’il ne se mette à pleuvoir ?
Tu nous as laissé ta trace et ton lustre
Ta gentillesse et ta disponibilité
Rien de tout cela n’a trépassé
Même pas toi ni ton regard
Que je revois à l’instant
Comme un souvenir solide
De ne voir que ton ombre
Ne signifie pas que tu n’es plus là
L’envers du soleil est bien plus chaud
Pour une âme que pour un corps
Est-ce pour cela qu’il fait ici si froid
Et que tu nous tiens à distance
De peur que l’on ne se brûle ?
Que tu nous sembles lointaine
Et pourtant à la fois si proche
Encore hier je te tenais la main
Je partageais ton repas et ton vin
Nous bâtissions des églises
Pour y déposer nos peines
Et l’hyménée des rires
Laissait cela à distance
Même douloureuse la séparation n’est qu’illusoire
Et combien fier est le bateau qui comprend
La grandeur de son naufrage
Et aspire à la quiétude comme
A un lieu habitable et étanche
Le ciel a rajeuni depuis ton hiver
En une saison unique et rayonnante
La volupté et la promesse d’une vie augmentée
A pris la place de nos échanges
Et le bonheur qu’aucun être ne peut
Connaître ici-bas t’est enfin délivré
L’univers n’attendait plus que toi pour
Exister un peu plus et un peu mieux encore
Apportes-y tout ton amour et le nôtre
Et qu’ils y scintillent ensemble
Éternellement
Où que tu sois
J’espère que tu danses
Extrait de QuintessenCiel
Il disait que tous ses lits étaient défaits, qu’il avait goûté à tous les sommeils et qu’il était étonné de ne pas sentir peser sur lui le poids de l’amer repos ; que ses bagages étaient pleins déjà d’un soleil réminiscent et qu’il avait fait nombre de voyages : qu’aucun ne lui avait parlé du pays d’en haut. Il ajoutait encore que ses habits, trop vieux, ne plaisaient plus aux mythes et se plaignait enfin de vivre en un lieu où le noir succombait plus que la lumière.
On lui répondit par courrier express venu du ciel que l’ordinateur avait dû mal enregistrer son nom, que la réparation risquait d’être longue, peut-être mille ans, et que pour nourrir son attente il n’avait qu’à léguer son sang à l’Histoire.
Extrait de Claustrophobie ou les Rues de Pandémonium
Toute l’eau du port ne
suffit pas à inonder le songe
partons ainsi qu’assis
dans l’entrelacs de nos récits
qui voyage dit-on
ne revient pas sans mirage
ni vent cousu aux doigts
Extrait de Le Miroir aux Allumettes
Mes amoureuses ont parfois un visage d’encre. J’aime la grammaire compliquée de leur cœur qui se refuse à la syntaxe du futile. Et s’il m’arrive de les rencontrer, c’est que, malignes, tout comme moi elles savent que le désir est le seul sentiment qui vaille d’être écrit avec les lèvres.
Extrait de L’Amour en Lettre Capitale
C’est sous une équerre de lune qu’elle nous invite à partager son petit lotissement d’ombre. On la dirait sortie d’une peinture d’Egon Schiele. Elle est heureuse cependant et ses traits, un rien quinconces, débordent d’inanité construite. Fragile jusqu’à l’impossible et fuyante au possible pour qui veut la saisir, elle est mal dans ses baskets et pourtant droite dans ses gestes qui se posent toujours juste où il pleut.
Extrait de D’ils et d’Ailes
Faut-il rendre le champagne à ses bulles, à Hippocrate son serment et ses larmes à un chagrin qui en a bien besoin ? Ou tant qu’à faire céder le ciel à ses anges et s’intéresser aux nuages pour jauger la distance qui sépare un havre de ma souffrance ? La question est : Faut-il ?
Extrait de Claustrophobie ou les Rues de Pandémonium
Il y a de l’aquarelle dans son regard, tout un verger s’y compose. Pour peu on y cueillerait le rouge fruité d’un baiser. La lumière fait repas d’ombre sous ses pas. On la célèbre à défaut d’oser l’aimer. Elle collectionne les boucles d’oreilles qui à la semblance d’une inflorescence font de son rose visage la fleur principale d’un bouquet qu’on n’aurait pu rêver plus beau. La volupté est le parfum qu’elle préfère et c’est avec parcimonie qu’on la respire.
Extrait de D’ils et d’Ailes
Je me suis assis à côté d’une fontaine. L’eau y était claire, jouissive et l’air était bleu qui se donnait à moi. J’existais, et, elle aussi. Bruyamment, elle m’avait invité à la détente. Seules sous l’air bleu et près de l’eau qui vibrait nos solitudes s’épousaient. Elle coulait claire et limpide aussi incompréhensible qu’un poème de Mallarmé, et cependant si éclatante dans son rythme justifié par la beauté. Trouvant mes abords fréquentables, elle me traversait pourtant sans me voir et je ne la comprenais pas : je n’en avais pas besoin. Je l’aimais parce qu’elle coulait là sous moi et remplissait mon ombre qui la buvait.
Extrait d’Aspérités
Ce cœur n’a plus de portes, sa peine est à revendre, quelque chose de cher en lui a pris son envol. Où sont les ailes, qui sont les anges ? Où est le passé et où vont se déposer les larmes ? Ce sont là les questions d’un cœur en deuil. L’air est devenu irrespirable, il y manque cette bouffée de l’autre qui le rendait si harmonieux. Et le temps s’est écoulé. Le vent a continué à meurtrir les branches. Et la lumière du réverbère est toujours là qui fait scintiller la nuit. Comme si de rien n’était. Comme si ce rien n’était pas tout. Comme si ce tout n’était qu’un leurre. Et soudainement une petite voix dit « c’est moi ». Et on la reconnaît sans la nommer. Elle était dans le vent et dans le cœur des branches et dans la lumière du réverbère ! Elle était en lui, en elles, en nous ! La peine n’était pas son seul corps. Elle était dans ce cœur sans porte ni fenêtre et ne demandait qu’à exister dans ce petit peu de nous qui s’illumine quand on aime sans regret.
Extrait de D’ils et d’Ailes
Je connais un ange qui a égaré ses ailes
Et je sais l’oiseau dont le chant s’est rompu
C’était un jour où le ciel en outrage
De mille éclairs criait sa rage
Comme un homme hurle à l’amer
Si d’aventures vous rencontriez cet ange
Dites-lui que j’ai retrouvé ses ailes
Et le chant de l’oiseau
Qu’ils cohabitent comme on s’aime
Dans l’attente de cieux plus cléments
Extrait de D’ils et d’Ailes
Il faut faire métier d’angle
Si l’on veut respecter l’arête
Qui lie la mélancolie à l’espoir
Le provisoire à l’infini
Et que la vie soit d’équerre
Dans la permanence
Des solitudes trop apprises
Extrait d’Aspérités
Et si l’on s’asseyait à la même fable
histoire de faire un brin de causette
et de se sustenter d’un poème ou de deux
de douze pieds ou voire plus léger
et si vous êtes au régime oublions
les rimes un rien trop riches
Poèmes d’un grand auteur ou pourquoi pas
de mon petit voisin qui aime à écrire
sur les ailes des oiseaux migrateurs
Je choisis votre livre préféré Je ne
suis pas compliqué vous voyez
C’est par le verbe que l’on se livre
et à mots découverts que l’on lie
la soie de l’ombre à la parole
Un mot de vous suffit
et je me mets à (votre) table
Extrait de Le miroir aux Allumettes
De l’expiation sont issues
Les cathédrales
Mais c’est beau y a pas à dire
Et d’humbles briques suffirent
À construire de modestes maisons
Seul l’oiseau les relie
Qui ne sait ni le péché ni la pauvreté
Et rien sur sa propre résurrection
Mais vole toujours plus haut
Extrait de Locataire
aucun bateau
ne meurt
pour de vrai
abandonné au
jusant ou à la mer
il vogue au gré
des humeurs de la houle
le désordre des vagues
lui tenant lieu de bible
Extrait de Patience de l’infime
Je suis l’arbre qui dissimule son bois sacré.
Je m’invente une foultitude d’insectes,
chapelet vivant dans l’étoffe de la solitude
qui ronge mon fauteuil de ronces.
Silencieux, ils effleurent
à peine mes feuilles et mes fruits.
Ignorant l’essence de mon être,
je me satisfais de croître, de mourir
et d’éclore sans souci de descendance.
Ma lumière devient le trésor d’autrui,
je lègue mon obscurité en héritage
au néant et, jalousement, je veille
sur la récolte des verbes.
Extrait de Racines de l’éphémère
Extrait de Nouvelles en quête d'(H)auteur
Liens externes
Association des Écrivains belges
Auteurs de l’entité de Courcelles d’hier à aujourd’hui : Pascal Feyaerts, poète aérien
Association Royale des Écrivains et Artistes de Wallonie
Interview Sabam Magazine – Sylvie Godefroid
Quelques recensions parmi tant d’autres (Brogniet, Allard, Leuckx, Duveaux, Derèse, Simon, Roose,…) :
Locataire – recension de Jean Jauniaux
Aspérités – Recension de Tito Dupret
Racines de l’éphémère – recension de Jean Jauniaux
Patience de l’infime – recension d’Eric Allard
Sur Claustrophobie ou les Rues de Pandémonium
Petite curiosité : Sacré Saint-Pierre
Analyse









